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La Page blanche : Le blog des ateliers d’écriture adultes de l’association Au Pied de la Lettre.

Des premiers jets d’écriture, des reprises, de la réécriture : toujours des textes d’ateliers.

« Ce que j’écrirais si j’écrivais »

Nous écrivons sans doute autre chose que notre idée première d’écriture. Nous n’écrivons peut-être jamais ce que nous voulons écrire. C’est, on peut le penser, ce désir qui reste désir d’écriture qui nous fait écrire. On peut croire que les mots sont incapables de justesse ou de ce qu’on veut. Alors qu’écririons-nous si nous écrivions ? Vaut mieux s’en tenir à la liste des courses ; acheter du sel ou de l’eau, ce qui manque ; ou poser cette autre question parmi d’autres possibles : écrire, mais qui vous parle d’écrire ?

Jean-Paul Michallet.

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Publié dans Saison 2 : 2016/17, Uncategorized

Jouir à l’infini

En laissant le regard posé sur cet objet ,mais en marchant autour, tout en le fixant : je vis une magie précieuse s’exclamant dans un hurlement venu du fond des âges ,magie mélodieuse pour le regard et pour moi comble de la jouissance des cinq sens unifiés jusqu’à leur paroxysme. Cet objet était une vache ajustée sur une vignette lumineuse ,vignette rose dans le fond ,vache comme toute celle que l’on pourrait voir ajustée sur une vignette. Cette vignette était collée sur un poteau électrique. En passant à côté de cet objet, tout en laissant le regard posé dessus et en tournant autours du poteau, ma surprise fut immense ; petit à petit cette vache encastré sur un fond rose pimpant devint peu à peu puis enfin complètement un train confondu dans un fond bleu. Surpris , Je fis marche arrière ;le train redevint cette vache, le fond redevint rose. Je fis à nouveau marche avant ;la vache à nouveau sur la vignette redevint le train, train sur fond bleu, qui se dégagea du rose : abracadabrantesque !
A nouveau je fis marche arrière ;Je revis collée sur le poteau la vache sur fond rose, en avant c’était le train, train sur fond bleu.

Bruno

Publié dans 21. Approcher en spirale (19 avril 18), Uncategorized | 1 commentaire

Anecdote sur la métaphore

Conservatoire de Musique et Danse: DANSE
Cycle 1

-Léa FOURNIER Mention AB(non admise en cycle 2)
-Christelle PERACHE Mention AB(non admise en cycle 2)
-Julie PARMENTIER Mention AB(non admise en cycle 2)
-Léa BOULANGER Mention bien(admise en cycle 2)
-Martine RICHARDIN Mention bien(admise en cycle 2)
-Léa PARDON Mention bien(admise en cycle 2)
-Colette MERCIER Mention bien(admise en cycle 2)
-Sandra VRAINDSASKI Mention TB (admise en cycle 2)

Conservatoire de musique et danse: DANSE
Cycle 2

-Flavie GOMEZ: non admise en cycle 3
-Justine SWARTZ: non admise en cycle 3
-Maeva JOHANNA:non admise en cycle 3
-Marie POLI: Mention assez bien
-Marie MERCIER:Mention assez bien
-Amélie LAROCHE: Mention assez bien (avec encouragements)
-Louane MIRAMAS:Mention assez bien (avec encouragements)
-Perrine LEFEVRE: Mention bien (admise en cycle 3)
-Lucie Passini :Mention bien (admise en cycle 3)

* seules les mentions bien et très bien permettent le passage au cycle suivant, la mention assez bien ne permet pas le passage au cycle suivant.

Conservatoire de musique et danse: DANSE
Cycle 3

-Adelaîde MERCIER Mention bien (admise en cycle spécialisé)
-Géraldine LAROCHE Mention bien (admise en cycle spécialisé)
-Kadija MAROUANIE Mention bien (admise en cycle spécialisé)
-Victora SVETLANA Mention bien (admise en cycle spécialisé) (Avec félicitations)

La plante qui dormait à côté de ce panneau où quelques regards venaient parfois se poser acceptait l’orage comme le beau temps, les pleurs comme la joie.

Bruno

Publié dans 20. Dans la baignoire (12 avril 18), Uncategorized | 1 commentaire

L’allée 3D

L’allée 3D n’est pas l’allée principale ; elle part d’un imposant monument de marbre blanc surmonté d’une sorte de pyramide et se clôture par deux grands cyprès qui tiennent à leur pied en toute saison, une vaste poubelle moulée dans ce vert dont on ne peut signaler la teinte autrement que comme un vert-poubelle.

La porte du lieu a deux entrées ; l’une étroite, l’autre large et voutée pour laisser entrer les corbillards.

Au premier carrefour, le tombeau cité plus haut vous renseigne tout de suite sur la voie à emprunter et le trajet à accomplir. Se perdre serait délibéré tant se retrouver est balisé par des chiffres et des lettres qui subdivisent les allées plus étroites entre les tombes et les contre-allées.

Vous informer si besoin que ces cyprès, contaminés par le lieu, ont cessé toute croissance, autant saisis par la détresse de l’existence que dégoutés par la perpétuelle poubelle accolée sans égard à leurs troncs ; emplie sans discontinuer de déchets végétaux, de débris d’ex-voto et de combien de choses remontées à la surface dont on affecte de ne plus savoir différencier l’humain du minéral ou de tout autre.

L’allée 3D se compte en 427 pas et pas un de plus sauf à vouloir traverser le mur de clôture, ce que je me refuse, me suis toujours refusé. Qu’il soit bien entendu que je ne m’aventure jamais au-delà de mon allée ; l’effort nécessaire à en explorer une autre serait une vanité inutile vu que j’ai cessé d’être un Singulier parce que je suis dans la mort et que ce « je » sans chair n’est que l’écho lointain d’un « je », tout comme mon regard n’est plus qu’une forme de vision désincarnée, tel un appareil donnant l’illusion du mouvement continu ou bien déformant les images jusqu’à ce qu’elles soient devenues des choses noires qui tremblent, ainsi de ces deux cyprès qui se tordent et se roulent en dedans et s’effondrent sur la poubelle et se redressent sous l’eau claire du ciel.

Ma tombe est une dalle noire, la dernière de l’allée, celle où l’on ne perçoit ni date ni nom de mort (ou d’auteur) ainsi que je l’ai voulu, mais cependant parfaitement identifiable grâce à ce tronçon d’un vers de Lecomte de l’Isle gravé en lettres blanches : « d’un point fixe et sans ralentir jamais » ; ironie froide et insondable qui révèle si bien qui je fus, qui j’ai tenté d’être, qui je n’ai pas été, qui je ne suis plus, plus aucune chose en soi, rien qu’une ombre qui enveloppe les cyprès, se couche sur la poubelle, s’étale sur les tombes de l’allée, glisse sur son fin gravier, se mêle à l’étonnement des visiteurs découvrant ma devise, aux conciliabules, au rire étouffé de quelques-uns, à la récompense de celui pour qui l’obscure épitaphe procure soudain l’éveil.

Monroe

Publié dans 19. La vitesse de la pensée (5 avril 18), Uncategorized | Laisser un commentaire

Jouir de l’infini

je passai le chiffon sur sa surface lisse en le faisant tourner dessus comme si il était sale même si loin de là; en le prenant entre l’index et le pouce par son attache, je le portai à la lumière juste sous mon champ de vision et l’inclinai doucement de droite à gauche pour le faire reluire sous la lumière de la lampe. Parfois le reflet m’aveuglait façon de parler, mais à chaque fois qu’il ressortait du faisceau lumineux je pouvais à nouveau le contempler et il apparaissait alors vierge et limpide, comme miraculeusement sauvé des ténèbres qui en général comblaient entièrement ma vie. Toujours avec une tenue méticuleuse du pouce et de l’index sur ce qui derrière servait à se l’attacher; plus exactement cette petite partie qu’il fallait déclipser de la petite pointe par un pression légère, je le reposai sur son socle. J’attendis alors quelques secondes en le regardant pour jouir à nouveau de lui, et comme à chaque fois, il m’accorda cette instant, sans me juger ni même ne faire aucun caprice d’aucune sorte, il me fit jouir à nouveau.
C’était la première fois que je le mettais; en transperçant mon pull avec cette petite pointe servant à son maintien pour l’assembler avec la partie qui se passait dessous, j’eus l’impression d’avoir abimé mon pull. Mais il était là;  je ne pouvais à présent que difficilement le voir, il se tenait sur mon sein, coté gauche, en haut, juste au-dessus du coeur; et je ne pouvais voir de lui que quelques reflets dans mon champs de vision lorsque je marchais, presque machinalement, marginalement. je sortis ensuite. Mon attitude était chevaleresque, je n’avais pas le choix.
Mais la nuit arrivait vite et je dus rentrer chez moi; alors je déposai cette fois pour la journée sur son socle mon pin’s représentant un voilier avec en dessous inscrit en lettre d’or un slogan publicitaire.

Bruno.

Publié dans 19. La vitesse de la pensée (5 avril 18), Uncategorized | 1 commentaire

La nuit du grand chaos

1h43 du matin : les gyrophares éclairent de leur lumière tournante, jaune, bleue et orange, les façades de la place et les acteurs d’une scène nocturne d’épouvante. Les véhicules de la police, les ambulances de pompiers stationnent déjà dans la rue quand arrivent celles du SAMU. Leurs chauffeurs démarrent pour faire place nette en quittant la place où des hommes s’activent autour des corps allongés, au milieu des mares de sang diluées par la pluie, sur le sol. Les secouristes font de grands gestes, courant d’un blessé à l’autre, multiplient les positions latérales de sécurité, pratiquent dans la plus grande urgence massages cardiaques et respiration artificielle, appellent les brancardiers. Un crachin fin et insistant tombe depuis une bonne heure, ce qui ne facilite en rien leur travail. On place sur le visage de celui-là un masque à oxygène ; celui-ci est emporté vers une ambulance blanche dans laquelle son corps disparaît pour quitter les lieux à toute allure dans la stridence d’une corne d’apocalypse. Le ballet des hommes du SAMU s’intensifie. Un véhicule démarre en trombe avant d’être remplacé par un autre qui revient à la même allure. Et toujours les sirènes dont l’écho multiplie l’effet, et toujours ces lumières de situation de crise qui font de cette scène somme toute humaine un spectacle de fin du monde. Les accès qui, en période normale, permettent à la circulation de se faire sont fermés par des barrières amovibles tenues par des hommes en uniforme. Ils empêchent toute approche de curieux ou de véhicules non autorisés ou permettent les allées et venues des ambulances. Les soins n’en finissent pas, les évacuations se succèdent. Les couvertures de survie diffractent les lueurs des gyrophares qui affolent la nuit, les casques argentés traversent en courant la place comme dans une superproduction hollywoodienne : un scénario catastrophe semble s’être abattu sur la ville. La pluie s’intensifie. Des éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre gronde.

Deux journalistes qui ont emprunté des ruelles adjacentes laissées ouvertes font des clichés de l’activité des pompiers et infirmiers. Micro en main, une femme se dirige vers les officiers qui supervisent les opérations. Est-ce un attentat ? Non. Alors que s’est-il passé ? Je ne peux rien vous dire de plus. A combien de morts et de blessés estimez-vous l’a… Nous communiquerons sur l’événement demain, dans le courant de la journée. Veuillez circuler, maintenant ! Refoulée, elle est ensuite accompagnée, par deux sous-officiers, vers la ruelle d’où elle est arrivée avec son photographe que l’on a contraint à effacer la carte de son appareil numérique. Tête haute, ils repartent en quête de témoins plus faciles à interroger.

Deux heures passent dans les gestes de base, les recours au défibrillateur, les déplacements nécessaires, les courses pour répondre aux cris des blessés encore conscients, les ordres lancés par ceux qui coordonnent et les appels à la rescousse de ceux qui agissent. La nuit semble ne jamais devoir finir. Et pourtant, les ambulanciers multiplient les allers retours entre la place et les hôpitaux de la ville. Et pourtant les corps sont emportés… sans que leur nombre ne semble s’amoindrir. Sur le visage de celui-là, un infirmier tire la couverture de survie. Ils sont déjà plusieurs pour qui les secours auront été trop tardifs. Nul n’en sait encore rien, mais c’est la nuit du grand chaos.

E.B.

Publié dans 18. L'Illusion qui nous frappe (29/3/18), Uncategorized | Laisser un commentaire

Le vert

Chez Bonnard (et lui seul) la végétation moutonne dans d’extravagants verts ; du pistache au bleu, de l’olivine au tilleul ou du jade au sinople, cependant qu’arbrisseaux, haies ou grands arbres émiettent leurs contours dans la lumière dorée du plein midi.

Par le vert et l’or Bonnard nous ouvre une possible fenêtre d’extase.

Quittant Bonnard, je regarde les micocouliers du large boulevard qui monte au jardin de la Fontaine : leur frondaison est figée dans un vert monochrome, comme résignée à n’offrir qu’un seul vert.

Les verts de Bonnard, la nature ne cessera de les lui envier tant ils sont riches de verts inconnus, vibrants et profonds et sonores et gorgés de vert. De ces verts, on pourrait croire qu’ils n’appartiennent qu’au paradis, qu’ils étaient du jardin adamique, que Dieu lui-même aurait voulu nous en faire don si Eve ne nous en avait privé jusqu’à Bonnard.

Monroe

Publié dans 15. Cette nouvelle beauté (22/2/2018) | Laisser un commentaire

Le facteur Monroe

C’est vous Monroe ?

A votre avis, qui d’autre ?

C’est vous oui ou non ?

C’est moi, bien sûr !

Vous comprenez que si ce n’est pas vous, je n’ouvre pas.

Exactement comme moi, si ce n’est pas vous je n’entre pas.

Je vous rassure, c’est bien moi.

Voulez-vous préciser, qui ça moi ?

Si vous ignorez qui je suis, alors vous ne pouvez pas être Monroe.

Assez de simagrées ! Je suis Monroe !

Avez-vous une pièce d’identité au nom de Monroe ?

Naturellement.

Pouvez-vous la glisser sous la porte ?

Il vous suffit de regarder dans le judas de votre porte pour vérifier que c’est bien moi.

Je ne vous connais pas.

Moi non plus je ne vous connais pas.

Je suis chez moi, qu’elle preuve voulez-vous de plus ?

Vous pourriez n’être qu’un invité, ou….

….Je ne suis ni un intrus, ni un squatter, je suis le propriétaire de cet appartement.

En ce cas glissez votre propre pièce d’identité sous la porte.

Faites de même. Non, attendez. Je songe que votre carte d’identité pourrait appartenir à un certain Monroe qui ne serait pas vous.

Pareil pour vous.

Finissons-en. Pour la dernière fois, êtes-vous bien Monroe ?

Ne m’avez-vous pas donné rendez-vous ? Qui d’autre pourrait se tenir devant votre porte si ce n’est moi ?

Quelqu’un qui aurait pris votre place.

Dans quel but ?

Mais tout simplement de pénétrer chez moi sous le prétexte d’être Monroe !

Personne ne rentre jamais chez vous sous aucun prétexte?

S’il m’est inconnu, il reste sur le palier.

Vous avez eu tout le temps de m’observer derrière votre œilleton et de me jauger alors que moi je ne sais même pas à quoi vous ressemblez ?

Au cas où vous l’oublieriez ; il y a un dehors et un dedans : ce qui pose deux statuts différents dont le principal est qu’une personne quémande de pénétrer chez l’autre, et que cette personne c’est vous. J’ai donc l’avantage.

Je ne suis ici que parce que vous l’avez souhaité.

En effet je souhaite rencontrer un certain Monroe et personne d’autre.

Et moi m’entretenir avec la personne qui m’a convoqué et personne d’autre.

Si vous étiez réellement Monroe vous n’auriez aucune crainte de me rencontrer.

Si vous étiez celui qui m’a donné rendez-vous vous ne douteriez pas que je sois Monroe.

Je peux vous faire un aveu.

Faites, au point où nous en sommes.

Mon nom est Monroe.

C’est improbable. Cependant, même dans le cas où vous seriez un Monroe, il me resterait à m’assurer que vous êtes bien le Monroe que je dois rencontrer et non pas n’importe quel autre Monroe.

Contrairement à vous : je suis Monroe, et je m’oppose à ce qu’on cherche à s’introduire chez moi sous le prétexte d’être un Monroe !

Je ne peux pas croire que vous soyez un Monroe pour la simple raison qu’à ma connaissance je suis le seul Monroe de cette ville.

Vous n’êtes pas le seul Monroe qui soit un Monroe puisque j’en suis un et que toute ma famille porte le patronyme de Monroe.

Votre famille n’a certainement rien à voir avec la mienne, sauf que nous, nous ne sommes pas des pseudo Monroe, mais d’authentiques Monroe.

Je ne vous permets pas de m’insulter. Je ne sais de quel asile vous vous êtes échappé, mais comptez sur moi pour signaler votre cas. Vous êtes un malade mon vieux !

La chose vaut tout autant pour vous. Je ne vais pas laisser la ville se peupler de « Monroe » de fantaisie, de pacotille….de complaisance !

Vous n’ignorez pas que « Monroe » est un pseudo, un nom de vedette de cinéma qui ne s’appelait pas du tout Monroe.

Ca n’empêche nullement qu’il y ait de vrais Monroe !

J’en suis la preuve. D’ailleurs des « Monroe » il y en a autant que des « Durand » !

En France, ma famille mis à part ; il y a très peu de Monroe.

Vous oubliez la mienne.

Sachez que contrairement à la vôtre, il existe encore des familles honnêtes qui sont de plein droit des Monroe.

Je me dois de vous informer que ma carte d’identité porte le patronyme de Monroe ; ce qui suffit à prouver que je suis bien un Monroe.

De nos jours les papiers falsifiés ne se compte plus ! Alors votre preuve..

Je ne suis pas un faussaire, mais un Monroe. Tant qu’à vous, qui que vous soyez, il est temps de débarrasser mon palier.

Je ne saurais donc jamais si vous étiez un Monroe ou un farceur.

Pour ma part j’ai la conviction d’avoir échappé de justesse à un faux Monroe.

Si vous étiez aussi établi dans votre identité que vous le dites, vous ne verriez pas de faux Monroe en place de vrais.

Nous, les Monroe, avons un flair spécial pour ce genre de chose.

Les Monroe n’ont rien de spécial si ce n’est d’être des Monroe, sans compter qu’il y a probablement autant de Monroe que de Monroe.

Laissez-moi vous dire que les Monroe, de par leur origine américaine, sont tous des gens « droits dans leurs bottes », des cow-boys fiers d’être des Monroe et qui ne cherchent pas à se faire passer pour autre que ce qu’ils sont. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait du premier coup d’œil.

D’après vous n’importe quel cow-boy serait un Monroe ? Pourquoi pas n’importe quel américain ?

Il y a du vrai dans ce que vous dites. Les Monroe sont un grand peuple. Pas étonnant qu’ils dirigent la planète. Leur suprématie ne s’est pas établie en un jour. Quand on est un Monroe, on a vocation à mettre de l’ordre dans les affaires du monde. Un Monroe est un conquérant. Un vrai Monroe aurait déjà pénétré chez moi, alors que vous, le soi-disant Monroe ; piétinez lamentablement sur mon palier, ce qui prouve à l’évidence que vous êtes un Monroe de bazar, un Monroe de comédie. Un Monroe à coucher dehors.

Marin Monroe

Publié dans 14. Un sérieux accident (8/2/18) | Laisser un commentaire

Parallèle

– Parallèle !
– Parallèle ! C’est quoi ce mot ? Pourquoi il t’a dit ça ?
– Parallèle c’est ce qu’il m’a dit ! Parallèle !
– C’est bien bizarre, moi jamais (deux mots que je n’ai pas compris) parallèle.
– Hé bien il faut bien s’y faire il est nouveau (encore deux mots que je n’ai pas pu saisir) parallèle.
– Ho ! Je vais aller le voir et avec ses parallèle je vais lui en parler Moi du pays.
– Ho bon mais mis à part ça il est pas mal comme (encore des mots que je n’ai pas pu saisir) mais c’est vrai qu’il utilise des mots un peu comme pas de chez nous, des mots comme para (je n’entendis pas la fin du mot).
– Bin à ta place je ferais attention (elle remonta son sac contenant des légumes sur son épaule d’un geste lent) (encore des mots que je ne pus saisir).
– Qu’est-ce-que ça veut dire ?
– Quoi parallèle ?
– Bin oui ! On nous a crédité de cet étourneau au vocabulaire d’avocat comme (encore des mots que je n’ai pas saisis ) va falloir s’entraider c’est quand même pas rien, ça veut dire quoi parallèle ?
– Bin je sais pas t’as qu’à y retourner !
<<Un garnement me jeta un caillou qui ricocha entre les tables, puis prit la fuite dans une ruelle>>
– Il m’a dit qu’il allait (le reste de la phrase fut inaudible)
– C’est un drôle (à nouveau je n’entendis pas les mots prononcés).
– Bin oui mais parallèle il y a un moment où il faut savoir l’appliquer, c’est vrai que ça peut peut-être nous dépasser toi et (je n’entendis pas la fin de la phrase).
– (Le début de la phrase fut inaudible) parallèle, parallèle.
– Avec monsieur Germain c’était plus simple (on me servit) mais il a choisi de partir pour Paris (je n’entendis pas pendant un temps les mots) y avait pas de parallèle.
– Bin y avait pas de parallèle ou quoi mais il était devenu bien triste le pauvre garçon.
– Bin ; il avait besoin d’une femme, il avait besoin de (des mots que je ne pus à nouveau entendre) c’était pas comme l’autre avec ses parallèles.

Les cloches cessèrent de tinter et laissèrent respirer la pierre et leurs éléments naturels encore sous le choc.
Moi, de mon côté, je trempai mes lèvres dans mon verre de vin qui en se séparant marmonnèrent : -Bin en voilà une, de parallèle.

#Bruno.

 

 

Publié dans 14. Un sérieux accident (8/2/18) | 2 commentaires

Anticipation

A propos de l’anticipation / L’anticipation peut / L’anticipation doit / L’anticipation doit cesser par le chat de, passer par le chameau de l’aigu…, le chalumeau de l’anguille /

L’anticipation doit / L’anticipation doit par… / L’anticipation doit partir pisser / Non ? / participer /

Lente-ici-passion-partie-pisser /

Participer à l’anticipation partie pisser / Non ? / L’anticipation partie pisser sur / Sur les lits /  Les pissenlits  / Les pisse-au-lit Par la racine / Les dort-en-chiant / Les dort-en-chiant pissent au lit par la racine de l’anticipation / NON ! / Les pisse au lit dorment en chiant l’anticipation par la rac…/ Non /

Laisse pisser le mérinos / Le mérinos partipisse / Le mérinos aboie / La caravane pisse / Le mérinos, i’boit du petit-lait / Le pis de la brebis pisse du pis / Le pis de la vache itou pisse du pis / Il pleut du lait comme pis de vache qui pisse du pis / Qui pisse ? / Le Manneken… / Les  pisse-froid ont la chaude-pisse ? / Non /

Les pisse-vinaigre et les pisse-copie / Oui / Les pisseuses ont la prostate ? / Non / Les pisseurs / Oui / I’pissent au lit / Sur la rondelle des chiottes / Dans un violon / Contre le vent / Se pissent dessus / Se sentent plus pisser / Se tâtent la prostate / Se sucent le prépuce / Se pissent le précipice / ça les prend comme une envie de pisser / Ils pissent le sang / Pissent le sens / Pissent l’encre / Pissent à la raie / Au frontispice de la raie publique / Leur récépissé en main / Leur laisser-pisser en poche / Non /

L’anticipation… / Laisse béton /

L’as / L’as las / L’assassin las / Las, l’assassin taxe / Las, l’assassin taxe la grand-mère / La grand-mère française / C’est pas grave /

L’antipissation / L’antipissation antislip / L’antipissation antislip et pisse la dernière goutte pour le sale con / Non / Le caleçon / Pour le caleçon / Non / Le slip /

L’antipissation pisse au précipice / Et le précis ? / Le précis pisse /

Allons, pas de précipissation / L’antipissation doit partipisser, pas se précipisser / Anticipons l’antipissation / La partipissation précipissée de l’antipissation /

Et l’anticipation ? / L’anticipation doit passer / Définitif / Le participe itou doit passer / Infinitif / Le participe doit présent / Dubitatif / Le participe doit présenter / Démonstratif / Le participe présenté doit passer / Négatif / Le participe présenté doit anticiper le fut… / Négatif itou / Le participe présenté doit anticiper le pass… / Négatif définitif / Le participe passé doit anticiper le participe présenté qui doit anticiper le participe… / Non / Participer à l’anticipation / Je sais pas / L’anticipation doit participer à / C’est pas ça / La participation doit anticiper la précipitation  / Je connais pas / La participation doit cesser d’anticiper le passé du présenté / Je veux pas de ça /

L’anticipation doit passer au présent et cesser de présenter le passé, tout comme la participation précipitée doit anticiper le présenté du passé et cesser de participer à la passation du présent anticipé dans le passé de même que l’anticipation participée doit précipiter le passé du présenté et cesser de participer à la précipitation du présenté anticipé dans le passé / Voilà /

Il faut cesser de passer à l’anticipation / Non / Il faut participer à la compensation / Non / Penser à la constitution / C’est pas grave / Penser à la comportimentation / Non plus, pas ça / Penser à la conspiration / Je sais pas / Penser à la contranspiration / Je connais pas / Penser à la constipation / Pas ça / Cesser de penser / ça oui / Cesser de penser et participer / C’est ça / Cesser de penser et de participer et d’anticiper / Encore ça / Anticiper l’anticipation / Participer à la participation / Compenser la compensation / Compartimenter la compartimentation / Constituer la constitution / Conspirer la conspiration / Constiper la constipation /

Le mot le plus long / Anticonstipassionnellement /

Penser à la pensation / Pas ça / Penser à la pendaison / Oui / Et pour finir anticiper la conscience de l’indifférence absolue / Et le mutisme de la logorrhée / Et la préservation de la répétition écholalique / Et la colique / Colique dans les prés, fleurissent, fleurissent, colique dans les prés, c’est la fin de l’été /

La diarrhée verbale / La diarrhée verbale.

E.B.

Publié dans 14. Un sérieux accident (8/2/18), Uncategorized | Laisser un commentaire

En savoir plus

Ils sont au moins une vingtaine, regroupés autour du camion dont la porte latérale, ouverte, laisse apparaître une femme qui s’adresse à tous, à moins que son discours soit réservé à quelques-uns, plus proches d’elle, ou à un seul, allez savoir, et ça n’a pas d’importance, ils forment une petite troupe dont les mouvements n’ont pas plus de sens que leur présence en ce lieu, un lieu où l’on n’a pas envie de séjourner à pareille heure, c’est le soir et il fait froid, un lieu sans âme, où ils se retrouvent pourtant et où ils sont une majorité d’homme, mais il y a aussi quelques femmes, une majorité d’hommes d’âge mûr, mais il y a aussi quelques jeunes et des vieillards, combien de ces derniers ? il serait bien difficile de le dire car les vieux ne sont guère différents des un peu moins vieux, en voilà un par exemple qui s’approche d’une poubelle, autour de laquelle il tourne, sans but, et son allure est sans doute celle d’un vieillard, mais sa barbe et sa chevelure, hirsutes, sont d’un roux vif épargné par les premières neiges de l’âge, et il s’approche de cette poubelle dont il fait le tour en boitant bas, un véritable éclopé, traversant un groupe de filous un peu canailles qui partagent une forme de complicité dont on ne saurait dire si elle a un petit quelque chose de véritable ou ne sert pas plutôt qu’à s’afficher en public, comme pour dire « nous sommes du même monde et comme les cinq doigts de la main », tout cela en s’agitant un peu, sans raison apparente, vraiment, alors que les femmes, plus discrètes, se sont écartées de la bande, pas très loin, mais bien assez loin pour ne pas se mêler aux filous canailles ni aux bons vieux types, appelons les ainsi même s’il ne faut pas se fier aux apparences, ni aux plus jeunes dont il peut sembler naturel de se tenir à l’écart, à plus forte raison si l’on est une femme, à moins de vouloir materner, et même des quelques très vieux, qui ne feraient aucun mal à une mouche, mais peuvent s’avérer pénibles à fréquenter, même si ce n’est pas toujours le cas, et après une vingtaine de minutes de latence, ils se dirigent tous vers l’arrière du camion dont le haillon s’est ouvert et, en s’approchant à pas lents pour y reformer l’attroupement du début, sans que rien ne semble plus se passer, la femme du camion ayant quitté la porte latérale, de toute évidence pour ouvrir la porte arrière, et c’est alors qu’arrivent les retardataires, auxquels les premiers arrivés cèdent la place en se retournant et s’éloignant à pas comptés, tête penchée et enfoncée dans les épaules, comme s’ils étaient concentrés sur une tâche essentielle, à laquelle ils s’adonnent avec retenue, presque dignes, et sans que nul ne les importunent en l’acte sacré et profane auquel ils se livrent corps et âme, mais sans ostentation, chacun, sauf quelques-uns peut-être, tournant le dos pour prendre ses distances, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul, même pas un retardataire, et que, haillon et porte latérale refermés, le camion ne démarre et prenne la direction d’une destination dont nous ne savons rien et que nous ne pouvons qu’imaginer, mais en savoir plus n’importe pas.

E.B.

Publié dans 13. Le septuor (1/2/18), Saison 3 | 1 commentaire