Rapt

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La cuisse de Proserpine en marbre de Carrare et les doigts de Pluton dans sa chair et l’élasticité de la chair dans le marbre. Une œuvre de boulange où la force de la main qui pétrit imprime la forme à la pâte amorphe et lui donne vie. Gravé ce détail en gros plan la main de pluton qui emporte la femme et donne vie à sa chair qui se forme et palpite là sous nos yeux. Le sens de la métamorphose : au-delà de la forme donnée c’est la vie qui éclot et irradie et le marbre pétri devient pâte et la chair sous la langue une mie, quand elle fond une odeur de pain chaud. Et derrière le rapt et la femme portée en berceau, le torse puissant de l’homme-dieu fait éclater la blancheur du marbre et dompte la matière. Et le muscle luit sous la sueur et les reflets de la forge allument sa passion et c’est Vulcain alors, et sa main tout devant continue de pétrir la pâte qui ondule et prend forme à la lueur du foyer ouvert et la vie son fumet se répand du four banal. Violence du rapt le pain rompu et porté à la bouche et mâché comme est mâchée la chair de Proserpine et sa tête reposant sur son torse à lui dans l’acceptation du pain reçu la nourriture l’hostie. L’extase dans la transsubstantiation : est-ce que c’est ça, peut-être, croire en Dieu ?

Fab. R

Cet article a été publié dans Saison 1 : 2015/16. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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