La chute

J’avais été invité à ce mariage par un ami auquel, durant la cérémonie et les festivités, j’essayais de m’accrocher autant que lui essayait de se débarrasser de moi. Lorsque je m’étais retrouvé seul à ce mariage au milieu de ce beau monde qui au contraire de m’avoir tendu les bras posait sur moi des regards obliques, emplis d’indélicatesse de violence et de pitié, il m’est arrivé (et cela même si de toute façon ma place d’usurpateur avait été fermement décidée) une chose qui allait ne me laisser aucune chance pour le reste de la soirée : une chute!

J’étais allé au bar pour usurper un verre de vin à toute cette glorieuse camaraderie dont les rires me faisaient le même effet qu’auraient pu le faire des balles de revolver flirtant au dessus de ma tête, lorsque par une réelle maladresse mes pas s’étaient emballés et j’avais commencé à trébucher.

  1. Tout d’abord je m’étais dit que cela ne pouvait pas arriver, mais j’avançais la tête la première vers le sol ; puis il fallait que je réagisse, oui car vraiment j’étais en train de tomber ! Dans cette intolérable perte d’adhérence j’avais, presque par instinct, tout en sentant déjà les gens autour de moi prendre grande attention à ce qui était en train de m’arriver, mis les mains en avant pour amortir tout cela. Tout se dérobait autour de moi, j’étais en train de tomber dans ce mariage qui était alors à des années lumière de moi. Et puis ça y étais je commençais à toucher le sol, à toucher le point culminant de ma chute ; en le touchant j’avais lamentablement fermé les yeux tout en laissant paraître une vilaine grimace qui était née à moitié par la violence de cette chute, et à moitié par la gêne que je ressentais et pouvais faire ressentir ! Tout ce monde qui était là me regardait tomber dans un indescriptible égoïsme ! Puis ça y était, j’étais à terre, freiné par le sol ; déjà il fallait que je me relève.
  2. Mes pas s’étaient altérés et dans un indescriptible mouvement intérieur, j’avais senti que j’étais en train de tomber ; déjà autour de moi tout s’était ralenti et il semblait qu’au milieu d’eux j’étais devenu l’attraction numéro un ! Comment cela pouvait m’arriver, j’étais en train de tomber, déjà je ne contrôlais plus, ma destinée m’était enlevée durant les quelques secondes de cette terrible chute. Mes mains déjà était en train de frôler le macadam, les gens autour de moi avait disparu, je touchais le sol, mon visage ne m’appartenait plus, je n’étais plus rien ! puis ça y était, j’étais freiné sur le sol ; déjà il fallait que je me relève.

Alors, après avoir jugé dans un commun accord que pour moi tout allait bien, ils me délaissèrent avec une terrible nonchalance ; heureusement, une petite fille bien habillée et très bien soignée vint m’apporter une jolie petite fleur. J’étais malgré cela au plus bas.

Bruno.

Cet article a été publié dans Saison 1 : 2015/16. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour La chute

  1. C’est ton meilleur texte Bruno. Peut-être que les trois dernières lignes ne sont pas nécessaires, mais je crois que dans l’ensemble peu de choses sont à reprendre.
    Tu as un pied dans la littérature.

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