Il

Juste avant la venue du jour, il descend ainsi , chaque matin, par l’escalier de bois dans la grande cuisine.

D’une seule main, prépare un bol dans lequel il verse lentement du lait tiède. Il boit à petites gorgées face à la fenêtre.

Le mouvement du jour se laisse percevoir sur la lande ; cristaux de givre sur la vitre.

Un bol se vide. Brève nuit sans rêves. Le bois crépite dans la cuisinière.

Il s’assoit ainsi, humble face à l’aurore. Il regarde au loin, et pense que le jour est en train d’éclore, que la nuit a fait son heure.

Un bol se remplit.

Un premier rayon de soleil se dépose doucement sur la table.

Un bol se vide et se pose.

Une porte se ferme. Une nouvelle lumière.

Un recommencement dans un temps qui n’est plus le temps.

L’étincelle du fragment dans la buée dissipée. Les sonnailles résonnent dans l’humidité de l’attente.

12/02/2015

SG

 

Cet article a été publié dans En vrac (avant sept. 2015). Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s