Matins

Le matin, je suis raide, ankylosée,
des choses à faire, il y en a, trop,
je voudrais sortir.
Le chat attend, des enfants passent dans la rue,
et l’horloge sonne huit heures.

Je vais dans la salle de bain,
de l’eau fraîche sur le visage, puis une douche,
et je m’habille ; c’est un peu long le corps est encore raide.

C’est le matin d’une nouvelle journée,
et je voudrais sortir.
Le chat m’attend, j’entends des voix dans la rue,
et une voiture qui passe.
J’ouvre la fenêtre, grisaille, j’ai froid,
mais je vais sortir.

J’entre dans la cuisine,
j’allume le gaz sous une casserole pleine d’eau,
sort le café, le filtre, et attends que l’eau soit bouillante.
Après le café, je pourrai sortir ;
le chat réclame et vient se frotter contre ma jambe.
Quand il aura manger,
il voudra sortir.

Je sors. Le sommet dénudé des arbres émerge tout juste
d’une nappe de brume. Dans un grand silence j’entre dans
le bois, le chemin s’ouvre au fil de mes enjambées.
Je découvre une nature qui s’éveille sous un voile qui se fond
dans un bleu pâle d’avant le lever du soleil. Des perles de pluie sont suspendues au bout de chaque branche, ou en collier dans le creux des herbes, et un minuscule escargot tente
l’ascension d’une brindille ; les feuilles mortes paraissent
d’un vieil or cuivré.

A.D.

Cet article a été publié dans Saison 1 : 2015/16. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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