Samedi soir

Après le journal de 20h, elle se levait difficilement de son fauteuil aux accoudoirs de bois pour aller baisser le son de son téléviseur.

Elle faisait le tour de son appartement, appuyée sur sa canne en éteignant ainsi les lumières de sa cuisine, de sa chambre et de l’entrée. Elle fermait sa porte à double tour et se dirigeait lentement vers le canapé lit qu’elle dépliait pour moi chaque samedi soir.

« Il est l’heure maintenant » disait-elle toujours sur le même ton, en rabattant le drap sur ma nuque et en soufflant la bougie à demi consommée.

Le lampadaire, à l’abat-jour blanc, restait éclairé jusqu’à la fin de sa soirée ; j’étais alors dans une semi-pénombre.

Enfouie sous les gros draps lourds, seuls des sons sourds parvenaient jusqu’à moi.

En retournant à son téléviseur, elle déplaçait çà et là, quelques bibelots sur son guéridon, calait sa canne entre la table basse et son fauteuil, se retournait une dernière fois vers moi.

Elle augmentait par à coups le volume du son et lentement, retournait s’asseoir sur son fauteuil aux accoudoirs de bois.

S.G

 

Cet article a été publié dans Saison 1 : 2015/16. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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