L’eau verte

J’ai vu l’eau du Loir, verte et silencieuse
s’écouler lentement entre les arches de pierre.
J’ai vu les barques de bois des pêcheurs à la ligne
épouser le courant au bout de leur cordage.
Mais je n’ai pu voir les poules d’eau
cachées dans les roseaux
dont seuls les piaulements révélaient l’existence.
Au soleil couchant j’ai vu les perches et les brochets
dessiner sur l’eau sombre
de grand V comme le font les navires.
J’ai vu ces poissons chasseurs poursuivre
leurs proies jusqu’à les faire survoler la rivière.
J’ai cherché à connaître ce monde inaccessible
Qui s’éloigne et se perd
quand on veut l’approcher
J’ai contemplé longuement
debout dans l’herbe verte
Le dos appuyé à l’écorce d’un pommier
Les berges terreuses creusées dans les méandres.
J’ai deviné la vie aux insectes gobés,
aux martins-pêcheurs en quête d’un diner.
Mais cet univers aquatique m’échappe
Quand j’y trempe ma main
Je ne vois plus mes doigts
Faut-il que je me noie
Pour que mon corps immergé
Puisse enfin connaître ce que cache cette eau verte
qui coule entre les arches

 

F.L.R.

Cet article a été publié dans Saison 1 : 2015/16. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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