L’image d’un jour

Entre les coquets et les baudruches je vis cette fille qui tenait un cheval par les rênes et qui, après s’être avancée, arrêta l’animal comme pour le passer à quelqu’un d’autre. Le soir n’était pas tombé et sous son béret presque élégant il y avait deux yeux noirs sous une énorme broussaille qui était, et représentait avec une attitude empreinte d’esprit, ses sourcils. Elle n’était pas pâle mais plutôt blanche, je n’arrivais à l’accorder à aucune espèce d’ordre social, elle tenait l’animal comme on pourrait tenir une photographie que l’on vous aurait tendue mais qui ne vous appartient pas. Le cheval qui s’était ajusté à cette compagnie était blanc comme le ciel et sous cette habit il faisait claquer ses sabots de temps en temps juste comme ça. Elle avait un gilet sous lequel une espèce de grisette se tenait endormie presque comme bercée par le cheval qui se laissait faire.

L’arbre un peu plus loin où j’allais me tenir pour suivre la course semblait mort ; le vent ne le pénétrait pas et il était seul au milieu de la piste hippique. Les bottes qu’elle portait jusqu’aux genoux dansaient un peu comme aurait dansé un petit bonhomme vert au milieu d’un champs, mais elles appartenaient bien à celle qui, tel un animal sûr de ses instincts, tenait un cheval le long de ses bras et attendait avec lui.

Bruno.

Cet article a été publié dans Saison 1 : 2015/16. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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