Yaourt

1
De l’index j’avais relevé la visière de ma casquette pour  laisser toute visibilité sur ma sacoche où il y avait un yaourt… à l’intérieur ; une cuillère claqua contre une fourchette tandis que je la retirai sèchement de la poche avant  avec deux doigts ; la cuillère était pliée, un peu au dessus de sa douve… je l’avais ensuite remplie comme il le fallait de yaourt puis je l’avais fourrée dans ma gueule en la faisant dans un sens et puis dans l’autre claquer contre mes molaires de gauche à droite et de droite à gauche et en y laissant le yaourt  fondre à l’intérieur… puis j’avais retiré la cuillère lavée ; propre comme une pièce d’argenterie sortant tout droit d’une église, puis, à nouveau, je l’avais fourrée dans ma bouche avec dans son creux du yaourt… Pour finir avec cette cuillère et avant de la ranger, je l’avais fait claquer contre mes dents de devant de haut en bas et de bas en haut assez rapidement en la prenant par son bout. Le petit rideau bleu que j’avais  tiré sur la vitre était cassé, une tringle avait lâchée, il pendait comme un macchabée.
2
La cuillère claquait contre la fourchette lorsque j’étais en train de la retirer de la sacoche ; Pour les premières cuillerées de mon yaourt, je l’avais remplie de presque plus de ce qu’elle ne pouvait contenir ; et je fis fondre dans ma bouche le produit laitier sur ce morceau de métal de forme arrondie ; la cuillère, en sortant du grand bain qui était ma bouche, était lavée, comme neuve, elle ressemblait alors à un objet d’église, inviolable. Le rideau bleu que je voulais tirer était cassé ; il pendait un peu comme quelque chose dont on ne pouvait rien faire pour… mais il me cachait un peu du soleil qui s’était posé dessus en partie.
3
L’arrondi de ma cuillère était plaqué contre mes gencives et en un mouvement et avec deux doigts je la fis sortir de ma bouche. Le rideau bleu pendait car une tringle était cassée, le fauteuil vert à petits motifs bleus était taché sur le bord extérieur ; de l’indélébile. Les yeux à nouveau sous ma casquette j’enfilais les pensées comme des oranges qu’il fallait presser. Sommeil.

Bruno.

Cet article a été publié dans Saison 2 : 2016/17. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Yaourt

  1. belle métaphore partie 3 (..les oranges) avec ce « sommeil » entre deux points pour finir.

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