Un horizon au(x) jardin(s)

Il s’agit pour cette pièce de terre ovale, plantée d’un mûrier-platane et de deux hortensias, d’en arranger le dessin en en retraçant d’abord le contour, en-deçà et au-delà de sa périphérie définie par une ligne de pierres d’inégales grosseurs. Ce découpage dans la pelouse, opéré par le désherbage de deux lés de dix centimètres, fera déjà mieux contraster les formes (l’ovale au sein du rectangle de la pelouse). Ensuite, il faut que la terre de ce massif soit vue noire, c’est à dire qu’on en ôtera toutes feuilles, herbes ou bois morts qui la cachent. Orienté plein sud, le mûrier-platane permet que dans son ombre prospèrent les hortensias. D’autres plantes y seront ajoutées, mais cette fois l’on portera son choix sur des végétaux résistant au plein soleil _car l’on débordera largement la limite de la frondaison de l’arbre, ce qui pour finir amènera à la zone aride et sèche qui jouxte l’allée dite ouest. Alors oui, l’on préférera les lavandes aux fleurs papillon, les gauras blanches et rose, et peut-être le rudbeckia à grosse fleur jaune. L’on s’assurera à la fin que le travail a été bien fait, que le contraste est net et franc, les végétaux ordonnés dans les couleurs choisies. Madame vous en saura gré.

*

Que l’on s’approche un peu de l’allée blanche, celle du couchant où tant de soleils se sont éteints derrière les tilleuls, et l’on remarque immédiatement ce grand arbre noble, un mûrier-platane à l’ombre généreuse et qui pourtant bien sûr, fatalement, s’achève et s’évapore dans un plein sud où l’on voudra que le bleu des lavandes papillon, les tâches rose et ivoire des gauras tempèrent tout ce trop chaud de l’aveuglant midi tout en lui tenant tête, avec à leur proue le soleil jaune du rudbeckia. Ce chatoiement fleurira dans l’écrin de la terre noire d’un massif dont on devinera qu’une main experte l’aura expressément dessiné dans ses frontières de pierres, pour le plus grand plaisir des yeux, à savoir que l’on comprendra facilement l’intention d’un rehaussement des contrastes des formes et des couleurs, et que dans cette harmonie on aura espéré que se répondent la tendresse des hortensias emmitouflés d’ombre et le calme sérieux du vert dense du gazon alentour. Et tout cela chantera, sera serein et clair dans le contentement de Madame, grâce à vous.

Cet article a été publié dans Saison 2 : 2016/17. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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