L’image

Sage et plate et gommée à son revers on pouvait la coller d’un coup de langue dans l’album du chocolat Poulain où l’attendaient des semblables déjà fixées dans leurs cases appelantes toutes légendées de quelques lignes riches en histoire telle celle-ci ornée de la figure mythologique de Charlemagne ( bien pourvue de sa barbe fleurie) trônant sur son vaste siège médiéval avec à son côté Roland le preux qui serre d’une main son olifant et de l’autre son épée  Durendal  le corps presque entièrement masqué derrière son écu peint de fleurons et de rayons dorés débordant sur la noble figure de l’Empereur qui tend son gant de sa main droite à Ganelon dont on sait qu’il va le laisser choir à terre avant de rejoindre sous les hauts oliviers Blancandrin que l’image représente dans un petit médaillon avec son heaume à calotte pointue le visage protégé par le nasal de fer si disgracieux contrairement à Turpin de Reims peint en pied dans un autre médaillon le visage illuminé du martyr quatre épieux en travers du corps (ce qui ne l’empêchera pas de se relever et de frapper l’ennemi de mille coups de son épée  Almace) comme de décapiter encore cent sarrasins avant de succomber ainsi qu’il est montré en fond d’image où l’on repère sur une crête le Comte Roland la tempe rompue à sonner du cor alors que suspendu au-dessus du vénérable visage de Charlemagne s’élève dans les nuées le champ de bataille de son ultime combat entouré de ses fidèles Gérin et Gérier son ami et Béranger et Othon et Samson et Anséis (le vieux Gérard de Roussillon et combien d’autres) cependant que l’armée de l’Empereur fait sonner ses clairons les païens s’enfuyant de toute part massacrés à grands coups et plus loin sur l’extrême bord de l’image l’Empereur revêtu de son blanc haubert brodé est couché dans un pré accablé du deuil de Roland (en songe un ange lui annoncera qu’il voit venir trente ours dont chacun parle tout ainsi qu’un homme) reste à examiner plus attentivement l’image pour découvrir tout en bas au pied de Ganelon une miniature où il est encore aisé de reconnaitre le défilé de Roncevaux avec les sarrasins en embuscade quoique le sujet soit fondu dans le tapis à fleur de lys de la salle du trône.

Monroe

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