Le vert

Chez Bonnard (et lui seul) la végétation moutonne dans d’extravagants verts ; du pistache au bleu, de l’olivine au tilleul ou du jade au sinople, cependant qu’arbrisseaux, haies ou grands arbres émiettent leurs contours dans la lumière dorée du plein midi.

Par le vert et l’or Bonnard nous ouvre une possible fenêtre d’extase.

Quittant Bonnard, je regarde les micocouliers du large boulevard qui monte au jardin de la Fontaine : leur frondaison est figée dans un vert monochrome, comme résignée à n’offrir qu’un seul vert.

Les verts de Bonnard, la nature ne cessera de les lui envier tant ils sont riches de verts inconnus, vibrants et profonds et sonores et gorgés de vert. De ces verts, on pourrait croire qu’ils n’appartiennent qu’au paradis, qu’ils étaient du jardin adamique, que Dieu lui-même aurait voulu nous en faire don si Eve ne nous en avait privé jusqu’à Bonnard.

Monroe

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