Samedi et les autres jours

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Samedi on a fait une bonne marche sur les hauteurs de la ville, puis on est descendu par le Jardin, on a admiré les cygnes, les canards et même les pigeons mâles qui gonflent leur gorge et font l’éventail pour courtiser les femelles. Pour marcher encore, on a fait le tour des boulevards jusqu’au bar de la place à la statue. C’était l’heure de notre verre de vin blanc, accompagné de cacahuètes ou de frites si le patron est bien disposé. Il l’était, on a eu des frites.

Voilà, ça c’était samedi. Dimanche tout avait changé mais c’était encore confus. Lundi c’était pire parce que le lundi n’est pas le dimanche justement, et qu’il aurait dû ouvrir les bars, les commerces, laisser passer les travailleurs, les élèves, les voitures, les bus, les vélos, enfin tout de sa vie citadine de jour ouvré. Mais non, le premier jour de la semaine ne tenait pas ses promesses.

Lundi donc, on fait le ménage, on remplit son frigo, on s’agite en attendant. Les infos pleuvent mais on ne sait pas, les rumeurs circulent mais on ne sait toujours pas. Mardi matin quelques naïfs obéissants, (ou vraiment sourds), pianotent encore sur les touches des horodateurs, comme si les cow-boys du stationnement payant allaient venir vérifier! D’autres courent au ravitaillement sans un regard pour les rideaux baissés et les terrasses vides, d’autres encore quittent la ville.

A midi, stop, rentrez chez vous et restez-y.

Sous mes fenêtres c’est presque le silence; au square quelques chiens accompagnés, mais pas de témoins de Jéhovah, voitures immobiles sur le parking, fenêtres ouvertes, musique des voisins, de temps en temps une voix qui résonne dans la rue. Les pigeons roucoulent amoureusement.

Aujourd’hui c’est jeudi, un jeudi parmi d’autres. on ne sort toujours pas, ou si peu. Ce matin j’ai fait un tour plus grand que nécessaire pour passer sur le pont aux canards; ils sont là, tranquilles et indifférents, j’étais contente de les voir. Mais à la nuit tombée, je n’irai pas, au même endroit, voir les chauve-souris danser au dessus de l’eau quand les canards dorment sous leur aile.

Demain…

 

 

 

 

 

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Un commentaire pour Samedi et les autres jours

  1. simonderalte dit :

    salut Yvette, merci pour ton texte qui est d’un ton égal, celui de la promenade, malgré l’incrédulité que nous ressentons tous face aux événements, On sent la menace mais ailleurs. J’espère que cela vaut aussi pour toi, loin de l’ennui, dans la vraie vie. Patrick (Simon der Alte)

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