Atelierjpm – proposition 2 de Mars sur les ornements – Simon der Alte

Texte 1 – quand vient la fête des lumières

Les voici, les chariots chargés de marchandises tirés par de lourds bœufs fumant sous le joug. A l’embouchure de la Mahle, la caravane marque une pose. Deux voies s’offrent pour continuer : côté mer, une langue de sable stable à marée basse ; côté étang, un chemin étroit qui longe une tourbière ; sable ou tourbe, deux configurations peu amènes de la nature ! Les conducteurs ont fixé des lanternes aux cornes des bœufs. Vues de l’angle de la coudraie sur la crète où nous nous tenons, ces files semblent les coulées de lave d’un volcan prodigieux. Une avarie, le versement d’un fardier immobilise le flux des chars puis le vide occasionné se referme, les cris s’éloignent. Au carrefour où se rassemblent les deux colonnes, des gibets rappellent l’absence de tolérance des autorités envers ceux qui agissent masqués dans la foule avec de mauvaises intentions.

Texte 2quand vient la fête des lumières (orné)

Tirés par de grands bœufs fumant sous le joug, à l’embouchure de la Mahle, les chariots font une pose. Il faut choisir ! A marée basse, une langue de sable, ferme assez pour supporter les fardiers emplis de marchandises exotiques,  permet, si le sol fut bien lessivé, de se porter plus vite aux contreforts de la butte. Ceux que la fourberie de la mer tourmente côtoieront l’étang, un chemin qui n’est pas sans risque cependant, longeant une dépression tourbeuse où fleurissent la linaigrette Eriophorum et le séneçon à feuilles d’Adonis.

La nuit se presse, rouge.  Chacun a ses raisons pour élire sa voie. Aussi la file des chariots se déchire, disparaît sous les arbres de la butte puis se reforme, là haut, sur le plateau. Les conducteurs ont embroché des flambeaux aux cornes des bœufs. Vues de l’angle de la coudraie sur la crète où nous nous tenons, on croirait des coulées de lave d’un prodigieux volcan que vomiraient les collines, là-bas, déchaînant un grondement sourd qui en quelque passage étroit aux abords de la tourbière, jette l’effroi parmi les équipages. Sable et tourbe : des arrangements hostiles de la nature qui ont tôt fait d’avaler le véhicule dont le pilote a permis un écart de conduite durant un instant dérisoire .

Ces avaries s’affichent à cette heure comme un grand rassemblement de lumières puis de cris affolés que nous entendons bien d’ici. Déjà des accompagnateurs à cheval calment les choses, on cherche quelque place possible chez les voisins où disperser le chargement et faciliter le relèvement du char.

Tout ce temps les lumières nourrissent une danse sauvage puis leur éclat dispersé retrouve le chemin, peu à peu. Le vide que la chute de la cargaison avait occasionné se referme, les cris s’éloignent. Les cavaliers de la milice vêtus de larges capes noires exigent l’amble de leurs chevaux. Leurs torches attisées grésillent et dévoilent, au lieu où les convois s’assemblent à nouveau, les gibets dressés portant des corps roués comme une ultime injonction à la prudence pour qui, en ces jours de fête des lumières, serait malgré tout tenté de se méconduire.

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