Temps troublé

proposition du 30 mars 2020 : éloge de quelque chose d’abstrait. 

Le soleil, seul, réchauffe la pièce. Le pépiement des oiseaux en emplit son volume. Un brin d’air s’insinue par la fenêtre entrouverte. Il emporte quelques pages du livre laissé négligemment ouvert sur la table basse du salon. Le tic-tac de l’horloge continue son tour de cadran. Marie ferme les yeux et pousse un long soupir. Sa tête se balance vers l’arrière et vient s’appuyer contre le dossier du sofa. Ange est assise à la table du coin séjour. Le frottement de son stylo sur le papier trouble quelque peu cette quiétude. Soudain, la sonnerie du téléphone retentit. Les  deux femmes se redressent d’un coup, écarquillent les yeux. Elles se font face. Leurs lèvres restent collées. Quelques gestes rapides des mains dissipent les grains de poussière aériens. Des grimaces faciales trahissent leur mécontentement. Des larmes roulent sur leur joue. Au bout de dix coups, la sonnerie s’interrompt. Le brassement de l’air des jeunes femmes s’estompe. Marie retourne à son assoupissement. Ange reprend la rédaction de sa nouvelle. La pièce est de nouveau à son apogée du calme.

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