Le jardin des amandiers

Il était fatigué, il marchait depuis longtemps déjà quand il vit le panneau qui indiquait, tout proche, le jardin des amandiers. Là ou ailleurs, il avait envie de se poser, peut-être même de se reposer. Il y arriva rapidement, une grille rouillée, deux immenses cyprès, un chemin qui montait. Il regarda le nom de la rue, Elisée Reclus, il faudra que je me renseigne sur ce type au nom étrange, se dit-il en franchissant la grille.

Un jardin presque méditerranéen dans une ville et une région qui ne le sont pas, pas d’amandiers mais des cyprès, quelques oliviers bien à l’abri d’un grand mur de pierre qui devaient mieux profiter du soleil quand il est là, pas de grottes artificielles ni de rochers de ciment mais des petits chemins caillouteux qui partent dans tous les sens autour de majestueux platanes.

Il se demandait pourquoi il n’était jamais entré dans ce jardin alors qu’il venait si souvent dans cette ville, pourquoi personne ne lui en avait parlé. Il marchait, le jardin sentait la garrigue mouillée, pourtant l’herbe était verte comme jamais elle ne l’est dans la garrigue; tel qu’il le découvrait cet endroit lui plaisait.

Il s’arrêta devant un curieux monument carré, sans ornement, sur lequel étaient gravés des noms et des dates, Famille Bancel-Cabot: Eva, Emile, Elie, Suzanne, Augustine, René. C’était donc une tombe, là, au milieu d’un jardin public, entourée d’une grille basse ouvragée qui l’isolait, qui la rendait en quelque sorte inviolable. Il ne se demanda pas pourquoi ces gens étaient enterrés ailleurs que dans un cimetière, c’était comme les amandiers qui n’étaient pas là ou le personnage dont la rue portait le nom, il chercherait plus tard.

Il marchait, il montait vers la rumeur de la ville, le jardin était désert. En haut il se retourna et constata que le jardin n’était pas si grand, la tombe carrée et les cyprès presque proches. Derrière lui un mur, le jardin surplombait une voie ferrée très enfoncée et en partie recouverte, en face un boulevard bordé de belles maisons de briques, la Méditerranée était loin.

Il descendit s’asseoir sous les platanes, puis il quitta le jardin.

Y.Siol

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