Concept, affect

Proposition du 9 décembre – Simon der Alte

texte 1 : le concept

« Il faut imaginer le surgissement élevé au rang de concept. Comme tel, il convoie toutes les instances religieuses mais pas que : paradoxalement le surhomme, Zarathoustra, en est une instanciation »

« Voilà notre petit protégé en bien mauvaise compagnie ! », répartit Claude. La remarque ne parut pas plaire à Robert mais, ne voulant rien en laisser paraître, il reprit :

« Toutefois cette proximité même du concept de surgissement avec celui d’incarnation peut mettre en question sa précision : on ne peut accepter un tel chevauchement, deux classes occupant, même partiellement le même terrain. »

« Non, clairement l’incarnation hérite de la classe « surgissement  » et demande pour être activée un attribut émotionnel : l’incarnation égale surgissement + affect. »

texte 2 : l’affect

La foule se cache dans une manière de grotte, que l’on nomme généralement ainsi : « la Grotte ». Mais personne ne la connaît vraiment. Toute l’anse fut pendant longtemps un domaine militaire d’accès interdit. Des carcasses de navires s’y dégradent lentement. Maintenant, elle ressemble plutôt à un hangar – la lumière modifie sans cesse son apparence : pierre ou métal. Peut-être cette ignorance a-t-elle incité ces gens, chacun, à s’y réfugier ! Connaissant le danger en tout autre point, on aura opté pour ce seul endroit du port où l’espoir d’échapper à son sort demeure encore crédible.

A intervalle régulier, la foule plonge dans le silence, comme si quelque chose allait surgir. Cela ressemble à une sourde respiration en phase avec le mouvement de la mer se répétant, en boucle.

Personne ne cherche à se rendre au bout du quai : un respect venu du plus profond de chacun réserve une plage libre à l’extrémité de la jetée où cet enfant vers lequel chacun dirige son regard a surgi. Vêtu d’une panoplie d’ange, seul, les yeux fixés sur un point précis de la crique, l’enfant tient calmement une corde d’amarrage. De sa main ferme, il corrige les soubresauts du canot. Le déjeté de son corps traduit une profonde lassitude.

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s